Dans notre secteur tout le monde connaît l’entreprise de M. Clincon qui alimente en bois de chauffage tous les environs soit à peu près l’équivalent de six mille mètres stères de bois par an. Les arbres doivent être abattus deux ans avant d’être commercialisés, et seulement à partir de l’automne au moment où la sève commence à redescendre, afin de se consumer au mieux dans les chaudières, cheminées ou autres inserts, et débité en morceaux de cinquante centimètres de long.
débitage Cette entreprise a commencé petitement il y a une vingtaine d’années à Rimons, ce qui explique son dénomination « Castelmoron bois » A l’époque elle se consacrait surtout à la fabrication de palettes et de pallox destinés au transport des marchandises. Petit à petit elle a pris de l’importance et est venue s’installer à la sortie de Sauveterre en bordure de la route qui mène à Langon afin de valoriser le commerce du bois de chauffage. Cette activité n’est pas la plus importante de l’entreprise, elle fournit également six scieries en bois destiné à la charpente ou à la menuiserie, selon les essences, une partie de la production va également à la fabrique de papier.
La guele du monstre l'autre côté Depuis cinq ans elle étudie les possibilités d’un autre marché, rendu attractif en raison de l’augmentation déraisonnée du pétrole, la fabrication de copeaux de bois pour le chauffage collectif ou celui des usines, des serres, des grands bâtiments. De grandes quantités de résidus d’abattage de bois en forêt, de sciage en scierie, de palettes réformées etc. pourraient ainsi être revalorisées. Cette filière n’est pas nouvelle et est couramment utilisée dans d’autres départements français et surtout à l’étranger dans les pays nordiques Dans les environs deux installations de chauffage collectif vont entrer en activité cet automne l’une à Gironde et l’autre à Pellegrue, une troisième est en cours d’étude à Gornac. L’étude de ce projet est faite en collaboration avec de nombreux élus des environs et le SIPHEM ; la région et le département sont aussi très intéressés et participent au financement. Un groupe de travail a été formé avec le SIPHEM et les élus intéressés auquel se sont joints plusieurs professionnels du bois comme l’entreprise Clincon pour créer un cahier des charges afin de définir les normes de ces copeaux afin d’obtenir un maximum d’efficacité de chauffage. Un des autres buts de ce groupe de travail est de maintenir les prix à un taux raisonnable pour être compétitif avec les autres moyens de chauffage ; un autre souhait est de rester dans le secteur aussi bien pour les clients que pour les fournisseurs, toujours pour éviter les dérapages. Un hangar de séchage a été construit à Massugas pour recevoir ces copeaux et les amener à un taux d’humidité optimal pour une bonne combustion, soit vingt cinq à trente cinq pour cent. Une autre utilisation est à l’étude, allier boues de séchage des stations d’épuration et copeaux de bois pour faire en même temps, engrais et maintien de l’humidité dans les cultures, en particulier la vigne.
08-07-22._On_enfourne.jpg Récemment, un essai de broyage a été fait sur le site de l’entreprise Clincon. Une grosse machine, capable de broyer trente cinq mètres cubes de bois à l’heure a fortement impressionné les curieux venus pour cette démonstration. Cette machine, louée mille cinq cents Euro par jour, est capable d’absorber des billots de plus de trente centimètres de diamètre, elle est actionnée par un gros tracteur de trois cents chevaux. On ne sait pas ce qu’il faut admirer le plus, la voracité de la machine ou bien la dextérité du chauffeur qui peut, avec sa grue incorporée, attraper aussi bien un stère de bois à la fois qu’une petite bûche de cinq centimètres de diamètre ! En deux jours ce broyeur a préparé le combustible nécessaire à une saison de chauffage pour l’installation de Gironde.
08-07-22._Les_curieux.jpg L’idée de M. Clincon est d’avoir une machine autoporteuse qui irait sur les lieux d’abattage afin d’économiser le transport des résidus de bois de la forêt à la station de broyage. Dans chaque scierie des environs une benne pourrait être installée pour recevoir les chutes qui finissent généralement dans un brûlot.



Si tout va bien, nous ne risquons pas de mourir de froid dans le pays du Haut Entre deux Mers.