Très instructive la causerie de Mlle Perromat, samedi dernier. Elle avait pour thème les demeures troglodytes, habitations, réserves, lieux de culte ou caches pour se protéger des envahisseurs.
10-03-20._Mlle_Perromat.jpgCette consultante en Sauvegarde du Patrimoine et de Valorisation du Patrimoine, parcourt la région pour alerter les pouvoirs publics sur l’état des bâtiments anciens et tenter de les faire restaurer.
Son sujet était les ermitages de Cambes et de Lormont dédiés à Sainte Catherine, patronne des marins. Ces deux grottes sont relativement proches de notre contrée, et pratiquement inconnues de tous. Ces deux sites, laissés à l’abandon depuis longtemps, s’effritent peu à peu et sont interdits à la visite.
Celui de Lormont, qui surplombe la Garonne et le pont d’Aquitaine, est en meilleur état, mais il s’érode rapidement. Propriété de chemins de fer, qui ont percé un tunnel dessous, son entretien a été concédé pendant longtemps à l’Association 10-03-20._Assistance.jpgdu Vieux Lormont. Mais cette concession a été suspendue en raison des risques d’éboulement, ce qui accélère son écroulement. On retrouve des citations sur cet ermitage dès le quatrième siècle. Le dernier ermite l’a habité en 1766. Sa trace a été retrouvée en 1968. Il a été la propriété des Carmes de Bordeaux. On y trouve une chapelle, trois celliers, deux chambres d’hôtes, une cuisine et un réfectoire, il est flanqué d’un souterrain. En 1386 il était habité par Saint-Martin, c’est en 1446 qu’il est devenu le bien des Carmes de Bordeaux. En 1453 il a été détruit, rebâti, il a de nouveau été détruit par les guerres de religion en 1570. En 1585, il a subi la grande peste. Abandonné en 1776, le creusement du tunnel ferroviaire a eu lieu en 1850.
A Cambes, l’ermitage aurait une vocation funéraire, d’après les superbes fresques murales qui représentent les saintes femmes au tombeau, selon M. Gaborit. En 1536 il a été donné à l’Abbé Sainte Croix. En 1770 une énorme inondation entraîne d’énormes quantités de boue dans l’église paroissiale, les offices sont dits dans la chapelle de l’ermitage. Les cultes cessent en 1775 et dès 1815 l’effondrement commence, la friabilité de la roche, l’effort des racines pour se trouver une place, la fermeture des ouvertures empêchant l’air de circuler, activent la dégradation.
On aimerait beaucoup pouvoir visiter ces sites, totalement inconnus,

L’assistance.
Mlle Perromat.