Retour sur les commémorations du 11 novembre 2016
Discours de M. le Maire, Yves d'Amécourt
Mesdames, Messieurs, Chers amis,
Nous voici réunis une fois de plus, comme chaque 11 novembre pour honorer la mémoire de ceux qui sont morts pour la France, pendant la première guerre mondiale.
Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont participé à l’organisation de ces cérémonies.
- L’ESAT de PUCH qui a offert les chrysanthèmes qui fleurissent nos 4 monuments.
- Les collégiens et leur professeur d’histoire, Nathalie Raffin, qui ont fait des recherches dans les archives pour nous faire mieux connaître les enfants de Sauveterre morts pour la France en 1916. Ces recherches se poursuivront chaque année du centenaire jusqu’en 2018. Je salue Monsieur le Principal adjoint qui sont présents ce soir ;
- Les services de la ville et la commission « commémorations » qui ont pris soin de nos monuments et ont préparé cette journée. Avec un remerciement particulier à Pierre Tomada.
- Les enfants des écoles, leurs professeurs, qui participent à ces commémorations. Merci à Madame Hatron la Directrice de l’Ecole maternelle d’être présente ce soir.
- Vous tous qui êtes là ce soir, jeunes et moins jeunes, représentants des autorités civiles, Présidents d’Associations, habitants, pour signifier que le 11 novembre n’est pas un jour « férié » comme les autres…
- Merci aux pompiers et au capitaine Lassoureille, merci aux JSP,
- Merci aux gendarmes de leur présence, à l’adjudant Moysan ;
Le 11 novembre 1918 c’est la date de la signature à 6 heures du matin de l'armistice du 11 Novembre 1918, en forêt de Compiègne, qui marqua la fin de la 1ère Guerre Mondiale.
Le cessez-le-feu prenait effet à 11 heures. Dans toute la France, les cloches des églises sonnaient à la volée : la guerre était finie. Tous les combattants voulaient croire que cette guerre était la "der des der".
Le 11 novembre, c’est aussi un hommage rendu au « Soldat inconnu ».
C’est le 11 novembre 1920 que la dépouille mortelle d’un combattant de Verdun a été inhumée sous l’Arc de Triomphe. De nombreuses familles endeuillées, mais n’ayant jamais pu procéder à la sépulture de leur défunt …purent alors imaginer que le soldat inconnu était leur frère, leur fils, leur père …
Trois ans plus tard, le 11 novembre 1923, la flamme, qui ne doit jamais s’éteindre, était allumée pour la première fois sur sa tombe. Le tombeau du Soldat inconnu est ainsi devenu le tombeau des familles sans tombeau.
La sépulture des soldats sans sépulture… l’un des symboles du sacrifice ultime, du don de soi pour défendre la patrie, symbole du civisme officiel et de notre république.
Le 11 novembre est désormais la date du souvenir de tous les enfants de la patrie mort pour la France dans le monde, comme récemment au Mali.
Je pense au Maréchal des Logis Chef Fabien LACQ, soldat de la force BARKHANE, décédé il y a quelques jours des suites de ses blessures au poste Français de TESSALIT, après une attaque de son véhicule blindé par un engin explosif sur la route de KIDAL. Une attaque revendiquée par le groupe djihadiste ANSAR DINE.
Je pense aussi aux soldats Irakiens, aux Peshmergas, qui ont engagé la bataille de MOSSOUL contre l’Etat Islamique ;
Pour le Maréchal des Logis Chef Fabien LACQ, je vous demande d’observer une minute de silence.
Souvenons-nous avec respect de tous ceux qui ont donné leur sang en 1916 un peu partout dans le monde ;
Souvenons-nous plus particulièrement des enfants de Sauveterre mort en 1916 que les collégiens ont rappelé à notre mémoire tout à l’heure ;
Souvenons-nous des victimes de l’attentat du BATACLAN par l’Etat Islamique il y a un an ;
Souvenons-nous des victimes de l’attentat de la promenade des Anglais, à NICE, le 14 juillet dernier ;
Chers amis, aujourd’hui, plus que jamais, il nous faut rester vigilant et continuer de défendre les valeurs de notre république : la liberté, l’égalité, la fraternité !
Ne laissons-pas le totalitarisme défaire l’idée de la France.
Cette belle idée, cette grande idée, que le temps et l’histoire , nos réussites et nos échecs aussi, nous ont permis de construire.
Refusons les solutions trop hâtives, les pensées rapides …
Puisons plutôt dans notre histoire, et notre mémoire, des raisons d’espérer.
Que notre intelligence collective nous permette, comme si souvent par le passé, de trouver le chemin à suivre.
Sachons méditer ensemble cette citation du Rabbin Nahman de Braslaw :
“Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer !”
Il disait aussi : “Il est plus facile de donner un conseil aux autres qu’à soi-même.”
Sachons donc nous écouter pour retrouver la voie, le chemin. Nous pourrons ensuite reprendre la parole et faire entendre la voix de la France.
La voix de la France peut être la voix d’une paix durable dans le monde.
Vive l’Europe ! Vive la France !
Textes préparés et lus par les enfants élèves(Lucas Berthomieu, Léa Corade, Anaïs Coste, Sandrina Jamet, Maeva Javaloyes, Carly Lafforgue,Soline Manieu, Clara Moisan, Capucine Roche) et leur professeur Mme RAFFIN-PUAUD Nathalie du Collège Robert Barrière
Sur le monument aux morts du Puch figure le nom de Pierre Henri Joseph Carrier. Il était bien loin de sa Vendée natale lorsqu’il a été tué à l’âge de 37 ans face à l’ennemi, le 22 février 1916 dans le bois de Hautmont en Belgique. Il a fallu attendre 1920 pour que le tribunal de La Réole demande l’officialisation de son décès dans les registres de l’état-civil du Puch. Nous ignorons ce qui le reliait à la commune. Nous n’avons trouvé aucun acte de mariage et l’acte de décès ne mentionnait pas sa profession. Mais il est mort pour la France et mérite par son sacrifice que nous ayons une pensée pour lui.
Le nom de Jacques Barrière figure sur le monument aux morts de Sauveterre. C’est un nom familier à tous ceux qui se souviennent du conseiller municipal et adjoint au maire que fut Jacques Barrière. Cependant, ce n’est pas du même dont il s’agit ici mais de son grand-père dont il portait le prénom.
Jacques Barrière né le 6 mai 1886 à Saint Laurent du Bois est mort à Douaumont le 25 mai 1916 lors de la bataille de Verdun. Son corps n’a pas été retrouvé et il a fallu attendre 1920 pour que son décès soit officiellement enregistré sur demande du tribunal de La Réole. Dans la vie civile, il était greffier de paix à Sauveterre et père de famille. Sa jeune épouse Antoinette Parenteau lui avait en effet donné à 19 ans, un fils, Robert, suivi de deux petites filles en 1911 et 1915. On peut penser qu’il n’a guère eu le temps de connaître sa dernière fille Sabine. Le destin fut cruel pour ces orphelins car Antoinette Parenteau n’a pas survécu longtemps à son époux mort pour la France à 30 ans, dans les tranchées de Verdun. La fratrie fut séparée. L’ainé, le garçon, Robert, continua à vivre à Sauveterre mais élevé par son grand-père paternel. Les petites-filles orphelines à 5 ans et 1an furent recueillies à Saint Martin de Sescas par leurs grands-parents maternels. Jacques Barrière aurait certainement été fier de connaître la carrière de son fils Robert. Robert est devenu maire de Sauveterre, député et c’est à lui que nous devons le collège qui porte aujourd’hui son nom. Peut-être est-ce le décès précoce de son père mort au champ d’honneur qui lui a donné le goût de l’engagement et de servir son pays.
Jean Lapassere est né en 1886, le jour de la fête nationale, le 14 juillet, à Saint-Léger. Ses parents, Jean Lapassere et Marie Couleau étaient cultivateurs et c’est dans cette voie qu’il s’est engagé. En 1907, ayant atteint sa majorité alors à 21 ans, il est parti faire son service militaire. Incorporé comme soldat de 2ème classe dans le 49ème régiment d’infanterie, il en est sorti soldat de 1ère classe. Revenu à la vie civile, il a épousé Marie Bardin en 1911. C’était alors un agriculteur de 25 ans. Le couple n’a pas eu le temps d’avoir un enfant que , déjà, la guerre le rappelait sous les drapeaux. Jean Lapassere est mort pour la France le 30 septembre 1916, laissant des parents inconsolables et une jeune veuve. Souvenons-nous de lui.
René Raymond Cattenat est un enfant de Sauveterre. Il y est né le 19 novembre 1890. Son père âgé de 26 ans était boulanger, sa mère était une très jeune épouse de 16 ans. La famille s’est ensuite agrandie par la naissance d’une petite Marie. Entre-temps, son père avait abandonné le métier de boulanger pour celui de cultivateur. C’est dans cette ambiance familiale et rurale que René a grandi. A sa majorité, comme tous les jeunes garçons de l’époque, il a été appelé pour effectuer son service militaire. Il n’était même pas démobilisé quand la guerre a éclaté. Il a donc été immédiatement réquisitionné. Le 9 décembre 1914, il fut blessé au genou droit mais sa convalescence fut de courte durée. Il est revenu au combat, est devenu adjudant au 158ème régiment d’infanterie. Le 28 octobre 1916, à 7 h du matin, René Cattenat est mort pour la France, dans la Somme, au nord de Rancourt. Agé de 26 ans seulement, passé directement du service militaire à la guerre, il n’a pas eu le temps de se marier et d’avoir des enfants. Ayons une pensée pour lui.
